Liberté, defis, émancipation… pourquoi les femmes sont de plus en plus attirées par l’univers de la moto

De plus en plus de femmes circulent à moto, tentées, comme les hommes, par l’évasion et un sentiment de liberté. Se faire une place dans ce milieu masculin n’a pourtant rien d’évident.

Regard portant loin, visière abaissée et vitesse enclenchée, Violaine Sauer s’élance, moteur rugissant. Arrivée au bout de l’étroite piste, la voilà qui fait demi-tour, repart à toute allure, évite les plots et arrête la moto pile où il faut après un freinage puissant. «C’est bien ! Tu vois, quand tu pousses sur le guidon avec tes bras pour esquiver l’obstacle comme tu y arrives plus facilement», la félicite Antoine Chapeau, le moniteur, par ailleurs pilote de course en championnat de France de vitesse.

À 50 ans, en cette fin d’été, Violaine est en train de réaliser un vieux rêve : passer son permis moto, pour s’évader ensuite sur les petites routes. «Je voulais enfin vivre ma passion. Mon père était motard, mais je n’avais été que passagère, façon “sac de sable”, comme on dit dans cet univers», raconte cette infirmière de profession, habitante de Nevers (Nièvre). «Il a fallu attendre que mes enfants soient grands pour que je m’accorde ce loisir et franchisse le pas !»

Juste à côté, sur le terrain de la moto-école Holidays, à Pougues-les-Eaux, dans la plate campagne nivernaise, Francine Belin, 58 ans, effectue les mêmes exercices : slaloms, travail sur l’équilibre, freinages. Elle qui, auparavant, n’avait jamais piloté de deux-roues voit le résultat de bon nombre d’heures d’entraînement. Bientôt, elle pourra rouler aux côtés de son compagnon, qui la prenait jusqu’alors derrière lui.

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